Au Mali, l’opposition rejette par avance les résultats de la présidentielle

Le candidat de l’opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté à l’avance, lundi 13 août, les résultats du second tour de la présidentielle, appelant le pays à se lever face à « la dictature de la fraude », à la suite d’un scrutin qui s’était pourtant déroulé dans de meilleures conditions sécuritaires qu’au premier tour.

Les résultats du duel entre le président sortant et favori Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et l’opposant Soumaïla Cissé doivent être proclamés en milieu de semaine par la Cour constitutionnelle, mais « d’ores et déjà, nous [les] rejetons », a lancé à ses partisans M. Cissé, du balcon de son siège de campagne.

La mission d’observation de l’Union européenne doit présenter son rapport préliminaire sur le déroulement du scrutin du second tour mardi matin. M. Keïta devrait ensuite s’exprimer depuis son siège de campagne en début d’après-midi.

Relancer l’accord de paix

Le vainqueur entrera en fonction au début de septembre, avec la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, accord dont l’application est sans cesse retardée, dans ce vaste pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq années d’interventions militaires internationales.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré l’accord de paix, les violences ont persisté et ont progressé vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Interrogé début juin par l’AFP, M. Cissé avait estimé qu’il faudrait « absolument éviter une crise électorale ». Mais alors qu’en 2013 il avait reconnu sa défaite, déjà face à M. Keïta, avant même l’annonce des résultats, il n’a cessé cette fois d’accuser le camp d’« IBK » de profiter de l’insécurité qui règne dans le centre et le nord du pays pour truquer le scrutin.

lire la suite : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/08/14/mali-l-opposition-rejette-les-resultats-de-la-presidentielle_5342138_3212.html

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*