L’Algérie en deuil après le crash d’un avion militaire

Pour une raison encore indéterminée, un avion militaire s’est écrasé le 11 avril et a pris feu peu après son décollage de la base aérienne de Boufarik. Un deuil national de trois jours a été décrété. La presse algérienne est sous le choc, relève RFI dans sa “Revue de presse Afrique”.

Mercredi 11 avril, en début de matinée, un avion de l’armée s’est écrasé juste après son décollage de la base aérienne de Boufarik, près de Blida, à une trentaine de kilomètres au sud d’Alger. Bilan : 257 morts. Un deuil national de trois jours a été décrété. Que s’est-il passé ? D’après des témoignages rassemblés par le quotidien L’Expression l’appareil avait à peine atteint l’altitude de 100 pieds, une trentaine de mètres, qu’il a piqué du nez. Par ailleurs, une étincelle aurait été aperçue sur l’aile droite, par d’autres témoins.

En tout cas, la presse algérienne est sous le choc. “Toute l’Algérie s’est réveillée mercredi 11 avril sur une triste nouvelle”, soupire le site d’information TSA-Algérie. “Un drame national. Peu avant huit heures, […] à la base aérienne de Boufarik, près de Blida, des soldats et officiers de l’armée nationale montaient tranquillement la passerelle d’un avion qui devait les acheminer à l’autre bout du pays d’où le devoir les appelait. À Tindouf [située au sud ouest d’Alger, cette ville accueille les réfugiés sahraouis et les instances du Polisario] précisément, une terre qui, parmi toutes les autres régions du pays, est la mieux placée pour témoigner de l’abnégation des soldats de l’ANP [Armée nationale populaire], de leurs sacrifices, des privations qu’ils s’infligent quotidiennement pour défendre l’intégrité du territoire national”, pointe TSA.

Unis dans la douleur

Le site algérien poursuit sur un ton amer : “En escaladant les marches de la passerelle, ils ont dû admirer les beaux vergers qui ceinturent l’aéroport, insolents de beauté en cette matinée d’avril, malgré la grisaille et de fines gouttes de pluie. Mauvais présage ? Peut-être. Personne en tout cas ne se doutait que le regard qu’ils posaient sur la verdoyante Mitidja allait être le dernier, que c’était l’ultime fois qu’ils admiraient la beauté d’un pays pour lequel, sans le savoir aussi, ils allaient, dans quelques instants, consentir le sacrifice suprême.”

“Pénible épreuve”, titre pour sa part El Moudjahid, avec la photo de la carcasse calcinée. “La nation entière est appelée à faire preuve de courage pour surmonter le drame subi hier et elle ne manquera certainement pas d’unir ses forces pour panser ses blessures”, peut-on lire dans l’éditorial du quotidien d’État. “Unis dans la douleur, les Algériens sont déterminés à poursuivre, à pas sûrs, leur marche pour consolider l’apaisement de la société arraché de haute lutte, et ils sont déterminés à ne pas se livrer au désespoir, car conscients de la nécessité de rester debout et de se mobiliser, pour parachever, dans la cohésion, le projet d’édification du pays. […] Avec un seul souhait : que les traces de ce sinistre soient vite effacées, sans que le souvenir des disparus puisse jamais quitter leur mémoire. Un peuple peut-il oublier ses martyrs ?”

Et puis ce dessin de Hic dans El Watan, ou plutôt ce rectangle noir, barré d’un trait kaki, avec cette simple phrase écrite en blanc : “L’Algérie en deuil”.

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