Post-élection: Y en a marre dresse son bilan

Dimanche 24 février dernier, le Sénégal a connu la 11ème élection présidentielle de son histoire. Le peuple sénégalais, comme à son habitude, a répondu présent, en participant massivement à ce scrutin qui a enregistré un taux de participation très appréciable de 66,23 %. Le Mouvement Y en a marre adresse ses sincères félicitations à toutes les sénégalaises et les sénégalais. Les efforts que le mouvement a consentis plusieurs mois durant, à sensibiliser les citoyens dans le cadre des programmes PAREEL et WALLU ASKAN WI, n’auront pas été vains.

Malheureusement, cette note positive cache à peine les difficultés d’un scrutin parti pour être l’un des plus controversé depuis l’alternance démocratique de 2000. Le Sénégal qui avait habitué l’Afrique et le monde, à des lendemains d’élections sans heurts ces dernières décennies navigue aujourd’hui en zone trouble et incertain qui est la résultante d’un processus électoral chaotique, conduit de façon cavalière par le pouvoir.
Pourtant, l’opposition comme la société civile, toutes les parties prenantes n’ont cessé d’alerter sur :

• L’absence de visibilité sur la distribution des cartes d’électeurs ;

• La fiabilité du fichier électoral ;

• L’imposition de la loi sur le parrainage sans aucune forme de consensus ;

• Les modifications apportées sur la carte électorale
• Etc.

Sur les opérations électorales, l’opposition a dénoncé de nombreuses irrégularités telles que :

• La création illégale de bureaux de vote y compris le jour du scrutin, dépassement du nombre d’électeurs par bureau ;

• Le gonflement artificiel de la population électorale ;

• Le changement apporté à la dernière minute, aux bureaux de vote pour des milliers de sénégalais qui n’ont finalement pas pus voter ;

Comme si cela ne suffisait pas, le pouvoir s’est inscrit dès le lendemain du scrutin dans une logique de répression et de traques contre toutes voix discordantes. Plusieurs activistes et militants de l’opposition ont été mis aux arrêts de façon arbitraire.

Nous condamnons fermement toutes ces arrestations, et exigeons la libération immédiate et sans conditions de tous ces concitoyens. La police des idées ne saurait en aucun cas prospérer au Sénégal !

L’heure n’est pas à attiser une tension sociale déjà balafrée par une élection dangereuse qui a exacerbé les clivages religieux, ethniques et régionalistes dans ce pays. Le président devrait plutôt se consacrer à panser ces plaies et commencer à respecter ses engagements pris depuis 2012 :

• Créer de l’emploi pour les jeunes;

• démissionner de la tête de son parti politique l’Apr ;

• Engager des réformes institutionnelles
consolidantes consacrant entre autres l’indépendance de la justice;

• Entamer un audit transparent et crédible du fichier électoral ;

• Créer un consensus fort sur les modalités du parrainage électoral

Pour finir, nous informons de la tenue du « LEUL » de Y en a marre les 23 et 24 mars prochain. Après huit ans d’existence, ces assises permettront au mouvement de faire un bilan de son action et dégager une feuille de route pour les années à venir.

« Il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées. »

Fait à Dakar, le 5 mars 2019

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*